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Tarte aux pommes et à la cannelle

Tarte pommes cannelles vanille

Commande particulière pour une amie: « j’ai plein de pommes, j’en fais quoi? ». Certes, cette tarte ne permet d’utiliser que 3 pommes, mais c’est déjà ça!

Il s’agit d’une recette un peu longue à cause de la pâte levée sucrée, mais vous pouvez sans souci la remplacer par une pâte brisée ou feuilletée!

Au niveau de l’organisation, je vous conseille de commencer par la crème pâtissière, qui doit être étalée bien froide sur la pâte.

  • Éléments perturbateurs pour la pâte levée (tarte de 24 cm de diamètre)

–          45 g de lait

–          1 œuf

–          5 g de levure fraîche

–          150 g de farine

–          50 g de beurre

–          5 g de sucre

–          3 g de sel

–          1 œuf pour la dorure

 

  • Éléments perturbateurs pour la crème pâtissière

–          250 g de lait entier

–          50 g de sucre

–          1 œuf

–          25 g de poudre à pudding vanille

 

  • Éléments perturbateurs pour la garniture

–          3 pommes (pour moi, Jonagold)

–          un peu de cannelle

–          du sucre impalpable

 

  •  Péripéties pour la pâte levée sucrée

–          Dans un bol, mélangez le lait avec la levure émiettée. Mélangez avec un fouet jusqu’à dissoudre la levure.

–          Ajoutez l’œuf et le sucre.

–          Incorporez petit à petit la farine et le beurre coupé en morceaux. Mélangez à la main pour amalgamer correctement tous les éléments.

–          Terminez en ajoutant le sel.

–          Laissez reposer cette pâte pendant 15 minutes.

–          Écrasez-la avec votre paume (vous la dégazez, donc !) et faites-en une boule. Laissez reposer cette boule encore 15 minutes sous un torchon (vous éviterez ainsi qu’elle ne sèche).

–          Beurrez généreusement votre moule à tarte et conservez-le au frigo.

–          Étalez votre pâte à la dimension du moule et foncez ce dernier. Remettez la pâte au frigo pendant 10 minutes pour qu’elle fige bien dans le moule.

 

  • Péripéties pour la crème pâtissière

–          Faites chauffer le lait dans une casserole.

–          Dans un bol, mélangez l’œuf, le sucre et la poudre à pudding. Fouettez bien.

–          Quand le lait est chaud, délayez-en l’équivalent d’une petite louche dans la préparation vanillée pour éliminer les éventuels grumeaux.

–          Lorsque le lait bout, versez-y la préparation vanillée. Conservez la casserole sur le feu, et fouettez sans cesse jusqu’à ébullition. La crème épaissit !

–          Transvasez directement la crème dans un autre récipient (vous éviterez tout risque de crâmage de crème).

–          Filmez au contact (= posez un film plastique directement sur la crème, pour empêcher la formation d’une disgracieuse croûte) et percez quelques petits trous dans le plastique avec la pointe d’un couteau (vous permettrez à la vapeur de s’en aller, sans qu’elle détrempe votre crème).

–          Lorsqu’elle est froide, mettez-la au frigo.

 

  • Garniture et cuisson

–          Sortez votre tarte du frigo.

–          Dorez les bords avec l’œuf, au moyen d’un pinceau.

–          Étalez  la crème pâtissière sur le fond de la tarte.

–          Découpez les pommes et disposez-les comme vous le souhaitez sur la crème.

 J’ai voulu tenter quelque chose d’un peu différent, et ai donc opté pour une vulgaire imitation de la tarte aux pommes d’Alain Passard (oui, si vous cliquez ici, vous comprendrez l’utilisation du mot « vulgaire »). Il « suffit » de peler les pommes au moyen d’un économe, et de faire des roses avec les longues pelures… Attention, les pelures ont tendance à brûler rapidement !

 

Tarte pommes cannelles vanille

–          Saupoudrez la tarte de cannelle.

–          Enfournez pour 22 minutes dans un four préchauffé à 200 °C.

–          A la sortie du four, transvasez-la directement sur une grille pour qu’elle refroidisse sans se détremper.

–          Au moment de servir, saupoudrez de sucre impalpable (oui, je le confesse, c’est inutile si vous l’avez réussie… pour ma part, le sucre a permis de cacher quelque peu mes pelures brûlées)

 

Que lire en mangeant une part de tarte aux pommes – cannelle?

Aucun rapport entre les pommes et ce livre! Mais quand j’ai pensé à mon amie-cueilleuse-de-pommes j’ai directement vu cette petite perle littéraire: « Les Heures souterraines » de Delphine de Vigan. Pourquoi? Parce que c’est calme et vrai, plein de douceur et en même temps très franc.

« Les Heures souterraines » raconte la vie de Mathilde et Thibault. Pas leur vie ensemble, non, car en fait ils ne se connaissent pas. On assiste au déroulement de leur quotidien, à leur vie métro-boulot-dodo, à leur solitude. Et on espère de tout cœur qu’ils vont enfin se rencontrer, ce serait dommage, ils sont si proches l’un de l’autre, ils se croisent chaque jour…

 de-vigan-les-heures-souterraines

 

Comme chaque jour depuis des semaines, le réveil sonne alors que Mathilde vient à peine de se rendormir. Elle s’étire sous les draps.

C’est le pire, chaque matin renouvelé: l’instant d’effroi. Etre allongée dans son lit et se rappeler ce qui l’attend.

Le lundi,les jumeaux commencent leurs cours à huit heures, elle ne peut pas traîner. Mathilde se lève. Son corps est épuisé. Epuisé avant même de commencer. Son corps ne récupère plus, il s’est vidé de sa matière, de son énergie, son corps s’est transformé en poids mort.

Elle allume la lumière, lisse le drap du plat de la main, tire la couette aux quatre coins. Ses gestes lui semblent lents, maladroits, comme si chacun de ses mouvements devait être pensé pour se produire au bon endroit, au bon moment. Pourtant, cinq jours par semaine, elle parvient à se mettre debout, se diriger vers la salle de bain, enjamber la baignoire et tirer le rideau derrière elle. Sous l’eau tiède, elle s’attarde. Souvent, dans ce bien-être que lui procure la douche, elle retrouve des sensations d’avant, quand sa vie coulait comme de l’eau, quand elle était heureuse d’aller à son travail, quand elle n’avait d’autre préoccupation que de choisir le tailleur ou les chaussures qu’elle allait porter.

Elle s’abandonne à la mémoire du corps. Ce temps lui paraît loin, révolu.

Maintenant, elle donnerait n’importe quoi pour pouvoir fermer les yeux, ne plus penser, ne plus savoir, pour échapper à ce qui l’attend.

Combien de fois a-t-elle souhaité tomber malade, gravement, combien de symptômes, de syndromes, de défaillances a-t-elle imaginés, pour avoir le droit de rester chez elle, le droit de dire je ne peux plus? Combien de fois a-t-elle songé partir avec ses fils, sans rien devant, sans laisser d’adresse, partir sur les routes avec pour seul bagage le montant de son livret A? Sortir de sa trajectoire, recommencer une nouvelle vie, ailleurs.

Combien de fois a-t-elle pensé qu’on pouvait mourir de quelque chose qui ressemble à ce qu’elle vit, mourir de devoir survivre dix heures par jour en milieu hostile?



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